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En 2012, lorsque j’ai commencé à faire de la musique sous le pseudonyme de Poupa Honk, je n’imaginais pas que l’autoproduction me poserait problème. Tout les outils nécessaires à la production sont disponibles et abordables. Des plateformes offrent la possibilité de diffuser sa propre musique facilement, les réseaux sociaux d’en faire la publicité et les logiciels de M.A.O. (Musique Assistée par Ordinateur) sont de moins en moins chers et de plus en plus nombreux. Péché d’orgueil ou naïveté ? Je ne m’étais pas rendu compte de l’importance d’être soutenu et accompagné par un label.

Les difficultés ne se trouvent pas dans les aspects techniques de la chaîne de production, la problématique est bien plus humaine : à la différence d’un concert, la production d’un album est une démarche intime qui se passe loin des regards et de l’écoute de son public et lorsqu’on est seul face aux algorithmes des réseaux sociaux, où tout est transformé en chiffres et statistiques, on peut cruellement manquer des repères concrets qui nourrissent la confiance en soi nécessaire à toute démarche artistique.

C’est là qu’un label peut faire toute la différence : en créant un lien concret avec un public pourtant encore hypothétique et en vous rattachant à une communauté, il vous permet de mettre de côté les doutes et les incertitude pour pouvoir investir toute son énergie au bon endroit : dans la créativité.

Germán de Souza (ph: AllesAndre)

Lorsque Germàn De Souza qui gère le label Folcore Records m’a proposé de publier ma musique, ça a été pour moi très encourageant : être associé à des artistes comme Panther Panther, Nixtamal, Castora Herz, Qechuaboi, Animal Chuki, Dr Brodsky et tant d’autres (le catalogue de Folcore compte une soixantaine d’artistes) a clairement été une source de fierté et de motivation.

Aujourd’hui c’est Folcore qui a besoin d’aide, non pas qu’il ne puisse plus fonctionner par ses propres moyens, au contraire, Germàn a le don de faire beaucoup avec peu. Mais parce qu’après 10 ans d’existence et 110 publications, Folcore ne se satisfait plus des productions numériques et aimerait offrir à ses artistes un nouveau support : le vinyle !

Pour un musicien, une production sur vinyle n’est pas anodine, cela représente un pas de plus vers ce lien concret, sans algorithme, avec son public. Un vinyle est un objet qu’il pourra donner en main propre à ses auditeurs. Un CD n’a pas le même poids, au propre comme au figuré, et peine à remplir ce rôle d’ambassadeur du réel, car il reste trop proche du monde numérique.

Pour Folcore, se lancer dans la production de vinyle est un pas important à franchir et même si le label compte bien y arriver dans tout les cas, un coup de pouce financier l’aidera à démarrer et surtout lui permettra d’investir dans une production de qualité, c’est pourquoi Folcore Records lance une campagne de crowdfouning sur la plateforme Indiegogo.

Ayant la chance de faire partie des artiste sélectionnés pour une production vinyle, je suis bien sûr directement intéressé par les résultats de cette campagne et vous invite à cliquer sur le lien ci-dessus pour voir si un des packs proposés correspond à vos moyens, à savoir qu’ils se situent entre 5 et 500 CHF et que tout vos dons seront récompensés par des albums, T-shirts ou stickers…

Mon prochain album « Lead Bird », déjà bien avancé, est annoncé pour février 2020 et j’adorerais pour une fois le recevoir par la poste !

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Nouvelle formule

Samedi 9 mars, à l’occasion du vernissage de l’exposition de Jonathan Delachaux, à la galerie Standard Deluxe, nous dévoilerons pour la première fois en live notre nouvelle formule d’improvisation musicale.

Avec Stéphane Augsburger (Guitare, samples et effets), Jonathan Delachaux (Saxophone et Clarinette trafiqués) et moi même aux machines, nous intégrons de nouveaux ingrédients: les mots et la voix. Ainsi, Jacques Houssay, comédien et écrivain, tiendra maintenant le micro pour improviser des textes avec ses tripes pendant que nous surferons librement sur les vagues toujours imprévisibles du Noise Dancehall et de la Rubadumbia.


Lire aussi -> Lapsus de luxe

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Poussière

Deuxième single de la série d’après « Golden Lowness », « Poussière » donne déjà une bonne idée de la couleur que je recherche pour un prochain album.

Un peu moins… propre ?

Un oeil dans la poussière…

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Future Is Closer Than It Appears

Il y a un peu plus d’un an, je terminais Golden Lowness et rangeais mon Mac au placard pour investir une part de mon temps dans la revalorisation d’ordinateurs de seconde main.

J’ai toujours perçu la communication d’Apple comme dérangeante: je ne me reconnais pas dans leurs publicités, n’ai jamais été fan de leur design et n’ai aucune confiance en leur éthique, si tant est qu’ils en aient une.

Bref, je ne pouvais pas décemment continuer à utiliser un MacBook…

J’utilise maintenant uniquement des ordinateurs d’occasion, généralement mis au rebut par l’administration après quatre ans d’utilisation. Ces ordinateurs sont revalorisés par Itopie – une coopérative Genevoise qui se bat pour une informatique libre, éthique, durable et citoyenne – et pour peut qu’on y installe Linux, ils sont encore tout à fait performants, même pour une production musicale.

« Future Is Closer Than It Appears » signifie pour moi qu’il faut changer les choses maintenant et pas qu’en surface. Changements qui ne s’accompagnent pas forcément d’une perte de confort comme on a tendance à le penser: Ma démarche pour réduire drastiquement ma consommation d’appareils électroniques ne m’a en rien freiné dans mes activités musicales.

La période de transition entre Mac et Linux pendant laquelle j’ai recréé mes sons et restructuré mon set de concert dans Bitwig Studio (en remplacement d’Ableton Live) a également été l’occasion d’évoluer artistiquement et ma nouvelle boite à riddim étant pleine, je peux dès maintenant en laisser déborder un peu dans vos oreilles…

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« Le soleil… » version courte

Folcore Records présente régulièrement les artistes du label à travers des compilations. La dernière, sortie en décembre 2018 est une trilogie baptisée X, Y et Z.

Pour l’occasion, j’ai mixé une version « courte » de « Le soleil pourrait avoir déjà explosé » avec Jacques Houssay (voir l’article précédent).

Masterisée par Emiliano Gómez (wakantanka Rec), cette version est disponible sur Soundcloud et Bandcamp.

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Le soleil pourrait avoir déjà explosé …

Malgré le caractère « préparé » de ma musique, à savoir, des boucles organisées dans un séquenceur, je cherche à privilégier l’improvisation: une même « préparation » peut donner des résultats très différents selon la manière dont elle est mixée et arrangée en live. La collaboration avec des musiciens, invités à amener leur propre énergie, augmente encore les chances de partir à chaque fois dans une direction inattendue. C’est dans cette idée que Jonathan Delachaux a organisé une rencontre entre Jacques Houssay et moi, pour faire naître de l’inconnu une formule originale.

Jacques Houssay, © Fanchon Bilbille

Jacques, écrivain et comédien, improvise avec les mots comme d’autres le font avec des notes, en s’inspirant du moment. La seule directive que Jonathan nous avait donnée était de ne rien préparer et de ne rien révéler à l’autre avant de lancer l’enregistrement. Nous avons joué le jeu avec un enthousiasme grandissant au fur et à mesure que les sons et les mots entraient en résonance. « Le soleil pourrait avoir déjà explosé » est la version intégrale d’un des enregistrements de cette première session et le point de départ d’un nouveau projet pour Poupa Honk & The Plugins.

Voir aussi l’article « Le soleil… Version courte »


Je me sens à ma place.
Le soleil pourrait avoir déjà explosé, nous ne le saurions que dans quelques minutes.
Corps rebondissants, en sueurs.
Danse !
Les voitures dans nos veines.
Le béton du ciel.
Danse !
Paumes ouvertes vers le ciel, les corps s’entrechoquent.
Je glisse la main dans mon sac, j’y attrape la crosse nacrée de l’ancien revolver de Billy the Kid.
Je me sens à ma place, l’arme des souvenirs enfantins en main, au milieu des autres corps qui dansent.
Chacun d’entre nous dans sa main tient l’arme de son enfance, et nous tirons.
Bang bang !
Nous tirons sur le soleil.
Comme une baudruche à la fête foraine…
Bang-bang !
Les armes pointées canon en haut vers l’astre et…
Bang bang !
Et nous disons tous dans un murmure comme dans le livre écrit à Beyrouth il y a si longtemps, où ils tiraient à la kalachnikov sur le soleil parce que l’un des leurs, parce que l’un des nôtres, était tombé sous les balles ennemies.
Nous tirions sur le soleil en lui disant « je te tue, éteint toi ».
Je me sens à ma place, canon de l’arme, bouche de l’arme, ouverte vers le soleil, ouverte vers le ciel.
Je me sens à ma place.
Et je danse au milieu des autres corps rebondissant, la sueur nous colle les uns aux autres et nos balles, nos balles tirées des souvenirs de l’enfance criblent le ciel.
Je me sens à ma place.
Les voitures filent dans la ville, les voitures filent dans nos veines.
Je te tue, éteint toi !
Les cheveux trempés de sueur collent aux visages, tous les visages, hommes, femmes, bêtes, et nous dansons, nous dansons, comme il est écrit dans le livre.
Je te tue, éteins toi !
Les voitures dans nos veines, les armes en nos mains, comme, cowboy enfant sous les chapeaux de feutre, les étoiles de shérif en plastique.
Je te tue, éteins toi !
Nous attendons que la sueur nous colle encore plus les uns aux autres, nous attendons que les armes soient vides que toutes les balles des souvenirs de l’enfance aient été tirées sur le soleil, nous attendons les voitures dans nos veines, le béton pour ciel, et …
Danse !
La crosse nacrée de Billy the kid dans ma main, Billy the kid qui juste avant d’être tué ouvre la porte sur la nuit et demande à cette nuit « quien es ? »
Je te tue, éteins toi !
Je me sens à place, posé dans cette foule qui danse, transpirante, sous le ciel de béton.
Le soleil pourrait avoir déjà explosé.
Je me sens à ma place.
Les étoiles de shérif en plastique et celles dans le ciel couvertes de béton…
Je te tue, éteins toi !
Le soleil est une baudruche et nos corps, gonflés d’hélium, s’envolent.
Nous sommes des êtres humains, presque des oiseaux.
Je te tue, éteins toi !
Je glisse le revolver à la crosse de nacre dans ma ceinture, j’avance dans cette foule dansante et transpirante.
J’avance comme si quelque part l’adversaire, le soleil nous attendait au détour de la rue pour nous cribler de ses rayons.
Nous sommes là prêts à dégainer dans la nuit sans soleil, prêt à dégainer pour dire à cet astre: « je te tue tue, éteins toi »
Les voitures dans nos veines…
Le ciel de béton…
Les souvenirs de l’enfance chargés jusqu’à la gueule, pour tirer sur les astres.
Les astres d’hier…
Les astres d’aujourd’hui…
Les astres de demain…
Baudruches…
Bang bang !
Sous le chapeau de feutre, bang bang !
Sous le chapeau de feutre.

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Barcelone via Internet

En cette fin des années dix, internet semble souffrir d’une mauvaise réputation: failles de sécurité, vol de données, manipulation de l’information, non-respect de la vie privée et bientôt manque de neutralité… Si l’on fait la synthèse des articles traitant du grand réseau, on finit par penser qu’il est plus dangereux de se connecter à un site web ou d’utiliser des réseaux sociaux que faire du base jump ou de la plongée sous-marine.

Dans ce contexte quelque peu anxiogène, j’aimerais présenter mes excuses à un grand réseau social (qui saura se reconnaître*) et adresser mes sincères remerciements à quelques plateformes musicales; oublions nos différends le temps que je vous raconte mon week-end passé.

Pour vous parler de ce week-end à Barcelone, je dois remonter en 2012, à l’époque où je commençais à m’intéresser aux moyens de diffusion qu’offrait internet et publiais mes premiers morceaux sur Soundcloud et Bandcamp. Ces deux plateformes m’ont permis de faire bien plus que de mettre ma musique à disposition des autres, elles m’ont permis de découvrir la leur. Ces cinq dernières années, j’ai principalement écouté (et acheté) les productions marginales, authentiques et avant-gardistes de musiciens qui, dans la même situation que moi, mettaient eux-mêmes leur musique à disposition du public.

Grâce à Internet, j’ai découvert un mouvement culturel, et j’ai aussi rencontré des gens. Si la plupart du temps ce genre de rencontres en ligne restent virtuelles, il me semble intéressant de relever que ce n’est pas toujours le cas. C’est ce qui me ramène au week-end passé.

Invité par le Label Folcore Records pour mixer en live mes morceaux lors d’une « Label Night » au Diobar, j’ai partagé la soirée avec Cherman, Nixtamal et Qechuaboi. Ce n’était bien sûr pas une rencontre due au hasard: Cherman est aux commandes de Folcore Records et Nixtamal a réalisé le mastering de mes dernières productions, mais la particularité de cette collaboration est qu’elle a été rendu possible par internet. Bien avant notre première rencontre concrète, nous avions échangé, partagé et appris à nous connaître grâce – entre autres – aux réseaux sociaux.

Alors non, Internet n’est pas une sombre ruelle dans laquelle on doit tenir fermement son sac à main. Internet, c’est un fabuleux outil pour les personnes qui veulent partager leur passion et rencontrer les autres.


*je tiens cependant à préciser qu’en aucun cas je renonce à mon droit inaliénable de critiquer en permanence ledit grand réseau social.

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Folcore Label Night

Le samedi 30 décembre au Diobar (Barcelone), pour la « Folcore Label Night », j’aurai l’honneur de partager l’affiche avec Qechuaboi, Cherman et Nixtamal ! Une soirée « Néotropicale, Electrofolk, Futur Beats et bien sûr: Rub-A-Dumbia !

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[(h)eɪtʃ.oʊ.ɛn.keɪ] n°4

Frente Bolivarista, Crookedbois, El Remolon, The Binary Cumbia Orchestra, Cocotaxi, 2G1B, Stay Tropical, Fresh Like Sushi, Cero39, Harmonia do Sampler…

La quatrième playlist d’H.O.N.K. (prononcer [(h)eɪtʃ.oʊ.ɛn.keɪ] ) est arrivée.

Electropical

Retrouvez les selections d’ H.O.N.K. sur Soundcloud et Bandcamp.

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Poupa Honk, invité d’Azimut.

« …on pourrait comparer ça à une madeleine de proust, voir à plusieurs madeleines passées au blender, mais comme on est en mode dub, les madeleines on va les passer au grinder. »

Wozdat la chronique

Azimut, l’émission radio de La Fabrik, dédiée à la découverte d’artistes « locaux », a invité Poupa Honk à l’occasion de la sortie de Golden Lowness. Retrouvez le podcast de l’émission sur le site de La Fabrik.

L’invité d’Azimut : Poupa Honk

A écouter aussi: Wozdat la Chronique !

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